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Un guide alliant pratique et théorie, sur les « Chemins de la pédagogie »
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« Les chemins de la pédagogie. Guide des idées sur l’éducation, la formation et l’apprentissage »1, se veut un « inventaire raisonné des discours et démarches pédagogiques » à destination des praticiens (enseignants, formateurs et, plus généralement, - futurs - professionnels de l’éducation). Evitant tout langage inutilement technique, les deux auteurs du livre, Francis Tilman et de Dominique Grootaers2, proposent une clarification critique d’enjeux théoriques qui vise à permettre à ceux qui sont immergés dans la pratique de mieux se situer et d'agir en fonction de choix pédagogiques plus conscients.
Pédagogie et didactique

Pour affiner leur définition de ce qu’est la pédagogie, les auteurs s’appuient notamment sur la « querelle opposant didacticiens et pédagogues ». La didactique est une discipline scientifique « dont l’objet est l’étude systématique de l’acte d’apprendre », « et de lui seul » précisent les auteurs. Ce qui amène trop souvent la didactique à réduire l’élève à un simple apprenant, c’est-à-dire à « une réalité abstraite purement cognitive », et même souvent à un individu « idéal, motivé et désireux d’apprendre ». Autre écueil de la didactique : la réduction du contexte de formation à « une situation d’apprentissage », « standard et neutre » ; alors que ce contexte doit nécessairement être pris en compte dans toutes ses dimensions (psychologiques, sociales, culturelles).

Loin de rejeter les apports de la didactique (notamment en matière de motivation), les auteurs soulignent toutefois que ces recherches ne peuvent à elles seules guider l’action du praticien : celui-ci doit en effet « faire face à la complexité et à l’imprévisibilité des situations concrètes qu’il doit gérer ». Pour cela, il a besoin d’une pédagogie c’est-à-dire d’« une théorie de l’action éducative » qui « énonce des finalités, avance des méthodes et propose un dispositif pour réaliser les buts recherchés, tout en intégrant dans sa démarche la prise en compte de la complexité et des particularités des situations d’apprentissage réelles ». C'est en cela que Dominique Grootaers et Francis Tilman soulignent qu’il n’y a jamais de bonne « méthode pédagogique » en soi, dans l’absolu. Par contre, une méthode peut être « plus indiquée qu’une autre » en fonction de la finalité choisie. « Occulter la finalité à laquelle se rattache une démarche pédagogique, en la présentant comme un simple outil, politiquement neutre » est même « une mystification ». « Par définition l’action éducative est politique ».

L’intérêt de l’ouvrage réside aussi dans les outils pratiques qu’il propose (tests, schémas, tableaux de synthèse…).
On pointera :
• une technique pour identifier les « conceptions éducatives » (opinions, représentations) d’une personne et d’un groupe, que le livre invite à utiliser en équipe ;
• des tableaux reprenant les modes et les ressorts de l’apprentissage, les grands courants pédagogiques… ;
• une version du « triangle éducatif » (reliant professeur, élève et savoir) enrichie d’un quatrième pôle : celui de « l’environnement » (la dimension socioculturelle, les ressources présentes, les événements imprévus, la dynamique de groupe) ;
• une bibliographie thématique très riche pour chaque grand courant pédagogique, dans laquelle on retrouve également des livres « pour faire la classe » et des livres « qui racontent la classe ».


Eléments d'une « culture pédagogique commune »

La seconde partie du livre consiste en un « panorama socio-historique » des courants pédagogiques resitués « dans le contexte économique et social de leur émergence et dans le bain des idées qui les influencent ». Les auteurs cristallisent ainsi chaque courant « dans une figure emblématique ». En allant du « maître » (« pédagogies transmissives traditionalistes ») à l'actuel « coach » (« pédagogies de soutien individualisé » et par compétences), différentes figures types de pédagogues sont passées en revue : l’ « accoucheur », l’ « animateur », l’ « ingénieur », le « gourou », le « manager »…

Au passage, on soulignera l'analyse très critique de l'entrée des compétences à l'école : venues de l'entreprise (devenue « référence culturelle dominante » à notre époque), porteuses d'une vision « fonctionnelle » de l'apprentissage (visant à résoudre des problèmes, ce qui discréditerait le savoir « comme but en soi »), imposant le « constructivisme » comme seule méthode pédagogique...
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