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Actualités du 01 au 15/09/06
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Les compétences au feu… et les pédagogues au milieu ?
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Un n° des Cahiers du service de pédagogie expérimental de l’ULG nous est arrivé pendant ces vacances. Une partie des auteurs descend en flèche le concept pédagogique à la base de notre système éducatif alors même que certains d’entre-eux, comme Marcel Crahay, en étaient les promoteurs (voir notre article 'Faut-il en finir avec la pédagogie par compétences ?').

Il n’est pas question, comme annoncé dans l’intro par Dominique Lafontaine, d’évaluation en règle des effets de cette approche sur le terrain, mais bien de débats entre chercheurs. Ces articles montrent la science en train de se faire dans la controverse. Les enseignants et décideurs ne doivent-ils y voir qu’un débat entre intellectuels ? Formellement oui, mais on sait que ses répercussions concrètes peuvent être bien réelles. D’où une interrogation sur la responsabilité de ces universitaires vis-à-vis des enseignants et de la société. Et sur les relations qu’entretiennent chercheurs, conseillers pédagogiques ou inspecteurs et praticiens sur le terrain. Les consultations avaient montré le malaise, quant à la possible remise en question, pratiquement du jour au lendemain, des options de travail qu’on est amené à mettre en œuvre. On a fait la promotion d’un cadre conceptuel dont on constate aujourd’hui les limites, le « flou », voire le « vide ». Suffit-il de l’abandonner pour un autre ? Des intervenants dans le débat y invitent ; d’autres, comme Bernard Rey, sont plus sceptiques. Sur plusieurs décennies de carrière, ça peut faire beaucoup.

Que faire avec cette remise en question ? D’autant qu’elle fait échos à un véritable malaise sur le terrain. Plusieurs recherches universitaires ont montré les difficultés d’application, voire la défiance de certains enseignants par rapport aux réformes initiées depuis le milieu des années 90. Certains diront, « on vous l’avait bien dit, c’est fumeux, rien ne vaut les bonnes vielles méthodes ». Ah, si c’était si simple...

Revenons à ce que disent les chercheurs. Le concept de compétence est scientifiquement invalide et inopérant au niveau pédagogique. « Une mauvaise réponse à un vrai problème » pour reprendre les propos de Marcel Crahay. En fait, de nombreux enseignants l’avaient déjà compris : ils mettent en place des dispositifs d’apprentissage qui refusent d’appliquer une théorie unique pour se concentrer sur l’apprentissage des élèves qu’ils ont en face d’eux.

Même le politique a évolué. L’intérêt du Contrat pour l’école, comme le souligne Francis Tilman dans un des articles de ce Cahier du SPE, c’est qu’il n’impose aucun dogmatisme pédagogique. Il met plutôt l’accent, avec un pragmatisme qui a ses limites, sur les objectifs à atteindre au niveau du système. Et il laisse la liberté aux enseignants de trouver les réponses aux difficultés d’apprentissage rencontrées par leurs élèves. Autrement dit, on ne promeut pas une maîtrise maximale d’outils pédagogiques prédéfinis, mais bien la capacité d’adaptation des principes en fonction de la situation. L’enjeu est alors de permettre aux enseignants d’exercer une pratique critique et constructive des méthodes qu’ils utilisent. Ce qui n’est pas sans exigence : lecture, réflexivité, travail en équipe… C’est ce que l’on peut observer concernant l’apprentissage de la lecture. Entre méthodes globale et syllabique, la plupart des enseignants jonglent, identifiant les outils susceptibles d’être mobilisés en fonction des difficultés d’apprentissage de leurs élèves.

Les chercheurs ne se contentent pas de critiquer ce qu’ils ont jadis encouragé. Les articles évoquent plusieurs principes d’action à même d’outiller les enseignants dans leur travail. Marcel Crahay parle d’une suite à mettre en œuvre : apprentissage en contexte, transposition dans d’autres contextes et retour réflexif sur les apprentissages. Bernard Rey veut proposer « un mode d’emploi » aux enseignants en réancrant les compétences dans les savoirs de manière à ce que les élèves soient en mesure d’interpréter les situations problèmes qui leur sont soumises selon la manière que l’école valorise.

Reste que derrière la liberté professionnelle qui doit être laissée à chaque enseignant, se pose la question de savoir s’il dispose bien de tous les moyens pour l’exercer. En somme, de réunir les conditions pour que le métier d’enseignement (re)devienne une profession intellectuelle.
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