Soutien à la parentalité, mot d’ordre de l’ONE
Entres autres mesures de soutien à la parentalité, l’ONE1 étudie la faisabilité d’un entretien au quatrième mois de la grossesse.
Depuis 2000, plusieurs chantiers sont ouverts dans le domaine du soutien à la parentalité. « Cela s’inscrit depuis lors dans le cadre de nos missions transversales, précise Myriam Sommer, responsable de la direction Etudes de l’ONE, mais nous avions besoin de les structurer et de définir une politique. »
Au rayon des actions déjà menées, le carnet Comment devenir parent, conçu sous la précédente législature. A l’instar du carnet de la famille en France, il contient des informations pour les parents sur les services qui leur sont offerts, il répond à des questions juridiques, retrace ce qui se passe au moment de la naissance. Une campagne thématique a également été menée à l’attention des professionnels de l’ONE et des milieux d’accueil, et les consultations pour enfants ont été réformées. « Nous avons revu le rythme des visites aux âges-clés ainsi que les honoraires des médecins tout en gardant le rôle de proximité sociale, explique Myriam Sommer. Avant, les parents ne savaient pas toujours à quoi ils avaient droit, qu’il s’agisse de la santé ou d’autres services comme des massages pour bébés ou des espaces de rencontre. Nous avons donné de la cohérence à ces consultations. » Des repères et des recommandations ont été développés pour aider les professionnels des milieux d’accueil à aller à la rencontre des parents, à dialoguer. Dans le cadre de son conseil scientifique, l’ONE a aussi lancé des recherches autour du lien parent/enfant et du lien enfant/professionnel. Six équipes ont travaillé sur l’accompagnement des visites de parents en centre d’accueil, sur la naissance, sur les grands-parents, sur les groupes de parole enfance maltraitée, sur les puéricultrices de référence, sur les parents déficients mentaux.
Un nouvel outil
Après les consultations et l’accompagnement, l’ONE met aujourd’hui l’accent sur le périnatal « pour agir le plus précocement possible en amont et travailler les étapes charnières de la vie familiale », expose Danièle Lecleir, administratrice générale de l’ONE. La France, qui une fois encore sert de modèle, a déjà opté pour un entretien parental au quatrième mois de la grossesse. Une étude est en cours pour analyser la faisabilité d’une telle entreprise en Communauté française et à quelles conditions. « Cet entretien ne serait en tout cas pas obligatoire, précise Myriam Sommer. » Il ne s’agit pas de contrôle non plus. « Les travailleurs médico-sociaux ont mis du temps pour gagner la confiance de familles, poursuit-elle, il n’est pas question de mettre cette relation en danger. »
Cet entretien est présenté comme une porte d’entrée, comme un espace de dialogue avec la mère qui permettrait aussi de prendre en compte tant ses préoccupations que sa santé psychosociale. « Cela pourra donner lieu à une visite à domicile ou à une aide concrète au budget, à des outils d’information sur l’éducation à la santé ou encore à un entretien psychologique. Il s’agit plutôt de guidance », explique M. Sommer.
Une seconde recherche porte sur le profil des mères récemment accouchées. « Les plus vulnérables sont celles qui n’ont jamais été vues avant l’accouchement », remarque M. Sommer.
Enfin, un référentiel est en cours d’élaboration, il abordera la philosophie et les principes d’action du soutien à la parentalité, le lien et l’attachement, la socialisation, les limites et les repères ainsi que les situations de vulnérabilité.
Derrière tous ces projets se cache une volonté de voir les professionnels se réformer. « Aujourd’hui, il y a celui que regarde la mère, celui qui regarde l’enfant, celui qui s’occupe de la grossesse et celui de l’accouchement… » déplore Myriam Sommer. Ils doivent apprendre à se décentrer par rapport à leur pratique, travailler en réseau.
L’entretien prénatal, parmi d'autres propositions d’actions de soutien à la parentalité, doit être défendu très prochainement au gouvernement de la Communauté française.