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Actualités du 03 au 17/03/06
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Questions lancinantes
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Les consultations-évaluations sont à la mode. Le secteur de l’aide à la jeunesse s’est vu présenter les résultats des carrefours que la ministre Fonck avait organisés entre avril et octobre 2005 (voir notre article). La synthèse a été réalisée par l’Agence Alter, plus précisément une partie de l’équipe d’ Alter Éduc (dans le cadre des activités de recherche de l’Agence, sous le label Alter&I) et l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse. Après 15 ans de fonctionnement, que peut-on dire de la mise en œuvre de cette politique d’aide aux mineurs en difficulté ? À partir de 12 thèmes, les professionnels, quelques jeunes et familles ont exprimé leurs questionnements, leurs doutes et aussi leurs volontés de faire avancer le schmilblik, à travers de nombreuses propositions.

Autre événement dans lequel l’Agence Alter était également partie prenante : les e-colloques de l’action sociale. Ce dispositif plus « tendance » (il a utilisé le net comme support des débats) était organisé par la ministre de l’action sociale, Christiane Vienne, à l’occasion du 10e anniversaire du transfert de l’action sociale vers la Région wallonne (voir notre article). Sous des formes assez différentes, les débats ont porté sur des thèmes similaires à ceux des carrefours : l’amélioration des pratiques professionnelles, le besoin de coordination avec d’autres acteurs, l’ancrage territorial des dispositifs, l’évaluation des politiques publiques… Au centre des débats, on trouve, de part et d’autre, deux éléments : la place de l’usager dans les processus d’aide et la volonté de décloisonner l’action.

Ces dernières années, l’usager semble souvent sollicité par les politiques publiques. Parfois, à son corps défendant, comme dans la mise en place d’un « État social actif » au niveau fédéral. En Communauté française et en Région wallonne, l’intention semble au contraire de (re)mettre l’usager au centre des processus d’intervention des professionnels du social, via un meilleur dialogue et de la participation, favorisant la citoyenneté. L’objectif, ambitieux, ne fait pas forcément l’unanimité. Pour différentes raisons. Pour les uns, il est illusoire de vouloir transformer des éclopés du système en citoyens actifs. Pour d’autres, en particulier dans l’aide à la jeunesse, ces utopies commencent à dater et il faudrait se centrer sur les vraies difficultés rencontrées par les mineurs en danger.

Concernant la recherche de coordination et de cohérence de l’action publique, il est intéressant de remarquer que des matières qui sont étroitement liées, mais séparées du point de vue institutionnel depuis dix ans, posent le même constat : la nécessité de se coordonner, de mieux se connaître, de s’adosser à d’autres compétences, d’autres acteurs pour améliorer sa pratique et tenter de répondre aux besoins des jeunes et de leurs familles. Si le propos semble faire une certaine unanimité, il n’en est pas moins questionné par certains observateurs (voir notre article). Jusqu’où faut-il pousser la logique pour que cela soit efficace ? Peut-on se contenter d’injecter des moyens supplémentaires ? Ou faut-il revoir l’organisation des dispositifs d’aide au niveau institutionnel ?

Lorsqu’on regarde les réponses politiques apportées sur ce registre, on ne peut qu’être frappé par l’écart entre les revendications et les solutions proposées. Les raisons de cet écart sont bien connues : complexité du système institutionnel, temporalité du politique (5 ans c’est court), étroitesse des moyens, rapport de force au sein des gouvernements… Quoi qu’il en soit : on a là plusieurs démarches, où les acteurs de terrain revendiquent plus de coordination. Et on pourrait encore ajouter les états généraux de la culture, voire les consultations des enseignants. Sans remonter plus loin dans le passé.

Des cadres existent pour répondre à ces attentes (conférences interministérielles, gouvernements conjoints…). Ces lieux sont-ils suffisamment habités ? Sont-ils impraticables ? (Et dans ce cas il faut les aménager). Parce qu’au final, ces intervenants se sentent à l’étroit dans les compartimentations qui leur sont proposées. Utopie ? Fuite en avant ? Chanson sans fin ? Quand les institutionnels (politiques, fédérations…) s’empareront-ils réellement de cette question lancinante ?

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