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L'éducation en Communauté Wallonie-Bruxelles
Actualités du 02/12/05 au 20/01/06
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Négocier une avalanche ?
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Avant-projets de décret sur l'octroi du Certificat d'études de base, les « évaluations externes non-certificatives », les manuels scolaires, les classes-passerelles... Annonces de futurs décrets sur l'inspection, les directions d'école, la formation en cours de carrière, l'immersion linguistique, la régulation des inscriptions... Lancement de projets pilotes sur la transition primaire-secondaire... Note sur les bâtiments scolaires...

N'en jetez plus, on n'arrive plus à suivre ! Et encore, il ne s'agit là que d'une partie des dossiers portant sur la scolarité obligatoire : il faut encore y ajouter les projets gouvernementaux dans les domaines de la culture, du sport, de l'aide à la jeunesse... Ceux qui (comme Alter Éduc dans son édito du 2 décembre dernier) se demandaient où en était le Contrat pour l'école, ont reçu une réponse pour le moins touffue, sur des enjeux essentiels.

La question est maintenant de méthode : il y aurait en tout ... 83 textes à faire passer devant le Gouvernement et le Parlement avant les vacances d'été... Comment gérer cette « avalanche » ? Quelle place auront les dossiers qui ne sont plus évoqués dans le calendrier (comme les bassins scolaires) ? Comment surtout discuter de ces mesures avec les enseignants et les parents  ? Bon nombre de ces projets et annonces ne sont que l'application du Contrat pour l'école. Ils ont donc déjà fait l'objet de débats publics, l'an passé. Mais des débats très généraux, dans de grandes assemblées parfois houleuses.

Il y a à présent à revenir sur chaque texte de manière plus approfondie. Le gouvernement avait précisé que la concertation classique (élargie aux réseaux d'enseignement) reprendrait ses droits. Les acteurs institutionnels ne semblent pas encore avoir été sollicités sur le fond de chaque mesure. Mais le Contrat pour l'école avait également prévu d'innover en mettant notamment sur pied « un groupe de dialogue composé d'enseignants et de chefs d'établissement », pour « évaluer en permanence la faisabilité sur le terrain des réformes proposées ». Qu'en est-il ? Sans oublier que, dans leur cahier de revendications, les organisations syndicales ont exigé une consultation sur toute réforme, dans la foulée des conclusions des Consultations de Saint-Louis. Or, la renégociation de la convention sectorielle attend toujours sa place dans un planning dont les syndicats dénoncent de plus « les retards de plusieurs mois »...

Ce dialogue sur les principes et leur application est essentiel. Comme on le voit par exemple pour les « évaluations externes non-certificatives », un projet aussi intéressant et important soit-il, peut être appliqué de manière plus discutable. La première mouture du texte semble privilégier l'objectif de pilotage du système au détriment de l'intérêt que chaque enseignant peut retirer de ces évaluations pour la gestion des difficultés d'apprentissage dans sa classe (voir notre article).

Mais la responsabilité de la gestion de tous ces projets n'est pas que politique. Pour se concerter, il faut établir des priorités, en fonction de principes et des moyens dont on dispose. Les signataires de la Déclaration commune précédant le Contrat pour l'école (réseaux, syndicats...) se sont engagés sur le principe d'une école plus juste. A eux aussi de sélectionner leurs revendications en fonction d'un objectif qu'ils ont désormais à faire passer avant leurs intérêts plus particuliers. Réguler notre (quasi)marché scolaire et préserver l'autonomie complète de chacun? Investir dans les outils pédagogique et les conditions de travail mais aussi augmenter les salaires?... Tout ne sera pas possible, en tout cas en même temps. Chacun a à faire ses choix.

La responsabilité est aussi celle des médias : à suivre le rythme effréné des « sorties », alimente-t-on le débat ou le noie-t-on ? Relayons-nous des effets d'annonce ou les suscitons-nous ? Un collectif d'associations autour de la CGé lance une pétition pour un traitement radio-télé moins anecdotique et plus régulier de l'éducation (voir notre télex). Une occasion pour l'ensemble des médias de réfléchir à leur traitement de l'information ?

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