Agence Alter
Alter Educ
Alter Echos
Alter Business News
AlteR&I
Echos du Crédit
Labiso.be
L'éducation en Communauté Wallonie-Bruxelles
Actualités du 04 au 18/10/05
Mot Clef
Mots clefs de cet article
• Groupe Agora
• LST (Luttes solidarités travail)
• ATD Quart monde
• Pauvreté
• Familles
Parution
• Voir les n° précédents
Premier contact entre familles et services d'aide à la jeunesse: pistes issues du dialogue entre les protagonistes
  imprimer
Ce lundi 17 octobre, journée mondiale de lutte contre la pauvreté, à l’heure où nous bouclons ce numéro, se tient une journée d’études sur le « premier contact entre une famille et un service d’aide à la jeunesse ». Un premier contact mis en évidence et réfléchi par le groupe Agora1 (voir AEduc n°97/p.282), groupe de dialogue entre familles et aide à la jeunesse. Tant les modalités de rencontres, que le fond des débats peuvent inspirer les travailleurs sociaux de manière générale, en contact avec les familles. Si l’existence du groupe Agora n’est pas inconnue (ses quelque huit années de vie l’ont en effet amené à présenter ses options méthodologiques et les conditions de participation) pour la première fois ce matin, le groupe partageait son travail en termes de contenu.
Revenons un instant sur le processus. Au fil des rencontres mensuelles, professionnels (entre autres représentants de l’administration des services d’aide à la jeunesse et de protection judiciaire) et représentants des familles parmi les plus pauvres (ATD Quart monde et LST – luttes solidarités travail) ont nourri un dialogue. À l’origine des échanges, la question du placement et particulièrement l’interpellation face à des placements d’enfants pour des raisons de pauvreté. Les points de vue se croisent, chacun sera chahuté dans son cadre de référence, prenant conscience des attentes et peurs de chacun (peurs du placement, peur de se tromper).

Risquer le dialogue

Parmi les conditions de construction d’un tel processus de participation, Carine Baiwir militante d’ATD Quart monde évoque l’importance pour les plus pauvres d’un lieu où naît la parole collective, lieu où les plus pauvres se retrouvent librement, en dehors de toute relation de dépendance, où ils peuvent prendre le recul nécessaire pour réfléchir à ce qu’ils vivent, échanger avec d’autres. Elle dira les difficultés d’un dialogue : un travailleur social qui peut se sentir personnellement remis en cause, une famille revivre une partie de son histoire comme une plaie à vif. Et puis elle parlera du temps, un rythme sans date butoir pour un vrai travail de partenariat.

À sa suite, Jean-Marie Delcommune, conseiller du service d'aide à la jeunesse de Bruxelles évoque les prises de risque acceptées par les interlocuteurs dans un tel processus : se faire questionner, se mettre en danger. À son instar, Anne Cornet, conseillère à Liège, aura d’autres mots : risque de se laisser bouleverser, de remettre en cause ses certitudes.

Code pour le premier contact

Aujourd’hui, le groupe Agora donne à lire une plaquette de dix pages intitulée «  Le premier contact entre une famille et un service d’aide à la jeunesse. Etat des réflexions de l’Agora ». Un texte comme un temps d’arrêt dans une longue histoire de dialogue, dira Didier Verbeke de LST. Un texte comme un idéal à atteindre. Un texte en guise d’appel à chaque partenaire et au politique pour des moyens neufs et un travail différent, pour associer le combat des familles contre la misère. Parmi « les éléments à prendre en considération pour établir progressivement un partenariat dans lequel la famille reste maître de la situation », le document nomme le temps, le respect et la transparence, les écrits. A propos du temps, on peut y lire qu’ « il est indispensable de permettre à chaque famille d’avancer à son propre rythme, sans précipitation dans la recherche des solutions qui lui conviennent » ; que « le temps est un élément essentiel pour analyser plus sereinement les situations et pour mieux résister aux pressions éventuelles qui pèsent sur l’intervention de l’aide à la jeunesse ».

Quant aux écrits, ils sont des traces qui relatent surtout les reproches. Pourquoi pas aussi les efforts, les réussites ?, questionne Marc Otjacques de LST. L’écrit constitue « (…) une trace que les parents peuvent utiliser plus tard pour expliquer à l’enfant les difficultés auxquelles ils ont fait face, les solutions qu’ils ont voulu mettre en place ».

Les réflexions du groupe peuvent avoir un prolongement, témoigne Jean-Marie Delcommune. Il prendra quelques exemples : organiser l’espace avec deux salles d’attente (afin de permettre la distance entre les membres de familles parfois en conflit aigu), visiter la famille sur son propre terrain, sans être perçu comme un inquisiteur.

Le groupe Agora continue son dialogue autour de nombreux autres aspects du partenariat familles/professionnels, comme l’évaluation de l’état de danger ou les relations qui se nouent dans la contrainte…
  imprimer  Envoyer à un ami Réagir
se connecter

Login (courriel)

Mot de passe

Soutiens
Droits d'auteurs  |  Plan d'accès  |  © Agence Alter 2005  |  Maintenance par eBulls