Qui nous a suivis dans le monde scolaire ? Des cadres dans les écoles, des directions et les CPMS, bien entendu. Des professionnels du fonctionnement des institutions et de la gestion du système, des cabinettards, aux permanents de mouvements pédagogiques et associations de parents en passant par des fonctionnaires, des chercheurs et des syndicalistes. Et puis de trop rares innovateurs plus ou moins isolés, enseignants très engagés, profs d'écoles normales, etc. Etre lus largement par les enseignants n'a jamais été notre ambition : erreur congénitale ?
Qui nous a suivis dans les autres secteurs ? Il est difficile de faire des généralités, si ce n'est de dire, comme les pros du marketing, que notre taux de pénétration est assez bon dans les organisations de jeunesse, l'extrascolaire, l'accueil de l'enfance et surtout l'aide à la jeunesse. Nous y sommes largement lus comme source d'infos de référence, et par des gens qui ont besoin de se situer dans l'actualité de leur secteur, mais aussi de trouver leur chemin vers et dans le monde de l'enseignement, avec qui il faut souvent travailler, mais dont personne ne vous explique par quel bout le prendre.
Non, Alter Educ n'a pas bossé près de sept ans pour vous dire que l'enseignement, c'est le royaume de la plainte et du repli, ni que tout est rose partout ailleurs. Notre travail auprès des professionnels des différents secteurs nous a permis de comprendre leurs contraintes, leurs approches et leurs besoins spécifiques. Nous devons bien constater que la demande d'actualité et celle de décloisonnement sont nécessairement très différentes des deux côtés de la porte de l'école. Nécessairement, parce que les rapports aux publics, à l’identité professionnelle, aux missions, à l’environnement (notamment politique) ne sont pas les mêmes dans l'école et hors de l'école. Nécessairement, parce que les différents mondes n’ont pas la même taille, le même poids ni les mêmes formes organisationnelles.
Toutes ces raisons, on les connaît, nous vous en faisons la chronique tous les quinze jours - et si vous êtes abonné, c'est parce que vous n’acceptez pas qu’elles bloquent la nécessaire alliance entre les professionnels de l’éducation et de la jeunesse... Comme vous, nous continuons à refuser de rester coincés dans un faux face-à-face entre un environnement qui stigmatiserait nécessairement l'école et une école qui serait nécessairement hostile à tout partenariat.
Le pari du décloisonnement porté par Alter Educ reste plus que jamais d'actualité, et nous changeons notre fusil d'épaule. Nous écrirons encore sur l'école, mais pour tous ceux qui ont à collaborer avec elle, pour qu'ils frappent aux bonnes portes, avec les bons messages. Cela se fera dans Alter Echos, le titre jumeau d'Alter Educ, qui continuera à traiter l'actualité d'une bonne partie de ces thématiques “Education et jeunesse”. C’est ainsi qu’Alter Echos s’adressera également à une partie du monde enseignant : CPMS et enseignement qualifiant essentiellement.
Et informer l'école ? Le pari reste passionnant. L'Agence Alter y travaillera tant que possible par d'autres voies qu'une publication professionnelle. Nos idées mûrissent et nous aurons besoin d'alliés très vite, dès qu'elles seront prêtes. Si vous trouvez que notre approche a encore sa place dans le monde de l'enseignement, faites-le nous savoir.
Sans compter que notre pôle recherche (AlteR&I) s’appuiera sur l’expérience et la confiance que nous avons acquises par notre travail avec le monde de l’école.
Et quoi qu'il advienne, merci à ceux qui nous ont suivis. C'était bien.