Temps d’arrêt, pause lecture
26/07/2005
Pascale Meunier
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L’été est propice aux lectures. Avec la collection Temps d’arrêt1, axée sur la prévention de la maltraitance, plus besoin d’attendre les vacances pour mettre à jour ses compétences. Ces petits formats se dévorent en une heure, et visent des effets d'une bien plus longue durée.
Le grand public connaît la campagne Yapaka qui, notamment par le biais de spots radio, télé et d’un magazine, tente de créer un climat favorable à une prévention basée sur l’aide et la relation plutôt que sur la répression. Parallèlement à cette action, la coordination de l’aide aux victimes de maltraitance de la Communauté française développe également un axe professionnel en mettant à la disposition des intervenants des textes courts touchant l’enfance et l’adolescence. Un œil averti débusquera ces opuscules, qui n’ont de frêle que leur épaisseur, sur le coin d’un bureau, dans une salle de réunion. Ils font désormais référence.
« Une masse de livres et de revues sont publiés chaque année, constate Vincent Magos, responsable du programme Yapaka, mais les intervenants disposent de peu de temps pour les consulter, ils doivent donc faire des choix de lecture. Et le second problème qui se pose, c’est comment partager ces lectures en équipe. » Il manquait quelque chose, un outil à même d’amener une culture de pensée commune dans des secteurs qui se côtoient régulièrement, un outil susceptible de créer des discussions entre anciens et nouveaux membres d’un service, un outil qui fasse en sorte que les gens lisent d’autres livres, assistent à des conférences. « Notre mission est de créer des ponts entre les différents secteurs de la petite enfance, de l’aide à la jeunesse, de l’éducation permanente et de l’enseignement, rappelle Vincent Magos. Lors du procès Dutroux, par exemple, nous avons publié un hors série inspiré par un certain nombre de signes de vives émotions. La meilleure manière d’intervenir nous semblait de faire réfléchir sur des thèmes indirectement touchés par le procès comme la perversion, les aspects judiciaires, l’inceste, etc. » Autre exemple, le premier Temps d’arrêt sorti en 2001 (L’aide aux victimes de maltraitance – Guide à l’usage des intervenants auprès des enfants et des adolescents) est régulièrement mis à jour et tiré à 50.000 exemplaires. Il suggère un modus operandi entre les différents acteurs. Les autres numéros sont édités à 10.000 exemplaires – par ailleurs rapidement épuisés – et diffusés auprès de chaque institution de la Communauté française ainsi qu’aux maisons médicales, aux services de santé mentale, aux centres de planning familial. On peut aussi les consulter en bibliothèque ou les télécharger sur le site www.yapaka.be.
Format de poche
Mais comment traiter pleinement d’un sujet en moins de 600 pages ? « Ce ne sont pas des résumés de livres, précise Vincent Magos. Nous traitons d’un sujet en un format standard de soixante-quatre pages à lire en une heure dans le train, en attendant un patient. Ce sont des ouvrages qui circulent et qui font débat. Ils visent à s’informer, à se former, à travailler en réseau. » Les sujets sont choisis par un comité de pilotage comprenant un représentant de chaque administration active dans les secteurs concernés ainsi que des représentants de terrain et des experts. De personnes extérieures peuvent proposer des sujets, d’autres sont issus de modules de formation. Il sort quatre numéros par an, prochainement six. Les thèmes de la dizaine de titres déjà disponibles traitent entre autres du secret professionnel, du handicap, des cultures, des troubles autour de la naissance, de la délinquance sexuelle. Les ouvrages en chantier aborderont l’enfant et la télé, l’enfant et l’anorexie, les difficultés de l’enfant pris entre deux parents au moment de la séparation.
« L’idée générale, c’est qu’il n’y a de recette pour rien, qu’il n’y a de manière d’être professionnel qu’en remettant en jeu sa réflexion et sa créativité, » souligne le responsable.