Un avant-projet de décret présenté le 19 mai dernier promettait un renforcement et une pérennisation des services d’accrochage scolaire (SAS). Début septembre, les huit services actuellement reconnus sous un statut précaire - des projets pilotes - tiraient la sonnette d’alarme, leur financement s’arrêtant fin septembre. Finalement, une solution a été trouvée, les huit services poursuivront leur action sous le même statut pendant cette année scolaire. Quant aux quatre nouveaux SAS annoncés en mai 2006, ils seront opérationnels à la prochaine rentrée ; 45 emplois supplémentaires seront dégagés pour ces services chargés d’apporter une aide sociale, éducative et pédagogique aux élèves mineurs exclus de leur école. Les aspects pédagogiques du nouveau décret restent encore vagues.
L’avant-projet de décret suit le parcours législatif normal. Il devrait entrer en vigueur en septembre 2007. D'ici là, les huit SAS restent dans la logique des projets pilotes qui prévaut depuis leur mise en place en 2001. Deux doivent encore remettre leur projet pédagogique à la Commission des discriminations positives (Codipo), un à Bruxelles et un à Tournai. Un dernier devrait être créé en Brabant wallon avec deux implantations, une à Wavre et l’autre à Nivelles.
Les SAS de Namur, Tournai, Huy, Charleroi, Mons et Verviers reçoivent chacun cinq postes APE de l'Enseignement obligatoire. Quant au SAS de Liège (résultat de la fusion de deux services), il se voit doté de six postes APE. En outre, chaque service bénéficie d'un peu plus de 79 000 euros de subsides de fonctionnement. « Une partie de cette somme doit servir à financer 1,5 équivalent temps plein » indique Yves Polomé, en charge du dossier au cabinet Fonck1. Restent les SAS bruxellois, pour lesquels la situation serait en voie d'être débloquée. Quinze ACS seront débloqués par la Région bruxelloise soit cinq par service.
Si au final chaque SAS recevra des moyens supplémentaires, l'octroi de poste APE n'est pas sans poser problème. Il questionne le devenir des personnes actuellement employées par les services. D'autant que l'enveloppe allouée jusqu'ici à chaque service (en moyenne 100 000 euros) diminue.
Un des changements du futur décret, annonce le cabinet, c’est la création d’asbl autonomes pour héberger ces services. Jusqu’ici, c’était généralement des AMO qui étaient à l’origine des SAS. « On se trouve désormais dans une autre logique plus proche du service d’aide et d’intervention éducative mandaté. Les services interviennent en effet pour que
in fine, soit respectée l'obligation scolaire. C'est une approche qui se situe davantage dans le cadre de l'enseignement obligatoire, qui est plus éloigné de la philosophie des services d'aide en milieu ouvert (AMO) », précise Yves Polomé, en charge du dossier au cabinet Fonck. Les SAS devront présenter un nouveau projet pédagogique devant la nouvelle Commission d'agrément avant la fin de l'année scolaire.
Pascal Rigot, directeur de l'AJMO dont dépend Rond-point
2, le SAS de Charleroi, estime que les réunions ont essentiellement porté sur le registre technique. Il se dit satisfait des moyens supplémentaires, même si cela suscite quelques inquiétudes, vu la complexité du mécanisme des emplois APE. Sur le fond, il cite deux acquis essentiels de l'avant-projet de décret aux yeux des structures issues de l'Aide à la jeunesse : l'autonomie pédagogique des services et la garantie que le jeune et sa famille adhèrent au processus proposé par le SAS, deux piliers de l'action en milieu ouvert. Concernant la transformation en asbl autonome, « ce n'est pas aussi clair dans l'avant-projet de décret. Donc on va voir ». Pascal Rigot parle pourtant de « zones d'ombre » dans l'avant-projet, tout en précisant qu'il n'y a pas encore eu de concertation entre les SAS, ni entre les SAS et le gouvernement. Les incertitudes concernent « la composition de la commission d'agrément et sa présidence », en défendant une parité entre l'Aide à la jeunesse et l'Enseignement à tous les étages, « la nature du travail réalisé » en se défendant de devoir aboutir à des résultats sur le plan scolaire. Et enfin le nombre de prises en charge. Le décret parle d'un minimum de 400 prises en charge par an. Soit 33 par service. Pascal Rigot explique qu'il assure 22 prises en charge reconnues par l'administration. Mais que de nombreuses situations sont également traitées sans être comptabilisées. « Si on doit assurer plus de prises en charge, cela va inévitablement modifier le travail réalisé, même avec plus de personnel ».