La journée des Oubliés des vacances : divertissement et éducation permanente
15/09/2006
Fabrizio Schiavetto
imprimer
Pour les enfants de familles défavorisées, la rentrée des classes constitue une épreuve psychologique supplémentaire. Entendre ses camarades de classe raconter leurs aventures estivales, n'est pas toujours évident lorsqu'on n'a pas la chance de partir soi-même en vacances. Pour pallier cette situation, le Secours-populaire Wallonie-Bruxelles 1 organise, depuis 2002 en Belgique, une journée des Oubliés des vacances. Fin août, près de 500 enfants ont parcouru le Hainaut et les sites touristiques de la région du Centre2. Le Secours populaire a pu bénéficier de l'aide des communes, du Service provincial de la Jeunesse, d'AMO, des CPAS et du ministère de la Défense nationale.
«L'antenne wallonne du Secours populaire est en activité depuis cinq ans. Le principe de la journée des Oubliés des vacances existe en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, explique Robert Tangre, président du Secours populaire Wallonie-Bruxelles. En France, on compte près d'un million de membres chaque année. Elle a pour objectif de permettre aux enfants défavorisés de vivre eux aussi, une aventure extraordinaire et d'éviter qu'ils restent dans leur coin sans rien dire. Et je peux vous dire que l'objectif est réellement atteint, même si ce n'est qu'une journée et même si, année après année, les difficultés d'organisation se font plus nombreuses...»3
Le coût pour la mise en œuvre d'une telle journée s'élevant à près de 20 000 euros, le Secours populaire se doit de trouver des formules de collaborations, avec de nombreux bénévoles. « Heureusement que des communes s'investissent à fond. Cette année, nous avons eu des enfants de Lobbes, Fleurus, du Tournaisis, de Courcelles, de Manage, de Dampremy, de Jumet, d'Ecaussinnes, du sud de l'entre-Sambre et Meuse, mais également de Louvroil (près de Maubeuge, en France). Mais nous avons également pu accueillir des enfants en provenance des AMO, des enfants issus de familles prises en charge par le CPAS, etc. Et il faut souligner le travail des animateurs des Services provinciaux de la jeunesse qui ont tenu à être là, bénévolement, bien qu'ils aient travaillé tout l'été et sont sur les genoux.»
Le ministère de la Défense nationale a, cette année, fourni le transport pour l'ensemble des enfants. Pour Robert Tangre, la journée des Oubliés ne doit pas seulement être synonyme de divertissement. « Il s'agit d'une journée d'Éducation permanente par rapport aux lieux rencontrés (plan incliné de Ronquières, ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, etc). En cours d'année, nous essayons de tisser une toile informatique avec des jeunes de chez nous ou à l'étranger et tentons de les sensibiliser à l'antiracisme4. L'encadrement des jeunes a fortement diminué. Notre intention est de permettre aux jeunes d'envisager la réalité sous un autre angle, sans qu'ils aient une attitude partisane. Ce qui m'intéresse principalement dans ces journées, c'est l'apprentissage. Et la Province de Hainaut a un rôle éducationnel important à jouer.»