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Les « Faucons Rouges » fêtent leur 75e anniversaire
 13/10/2003      imprimer
Apprendre la vie. Apprendre à se débrouiller, seul ou en communauté. Former la jeunesse. Encourager son esprit de solidarité. On a l’impression que ces valeurs sont transmises depuis une éternité par les mouvements de jeunesse. Pourtant, fondé par Baden-Powell, le scoutisme n’a vu le jour qu’à la fin du xixe siècle. Et les Faucons Rouges trouvent leur origine en Autriche, en 1908, sous l’impulsion d’un ouvrier artisan, Anton Afritsch. Son idée consistait à regrouper les enfants des quartiers populaires de la ville de Vienne. Officialisé en 1925, par les socialistes autrichiens, le mouvement fait son entrée en Belgique en 1928, grâce à Jean Nihon, animateur des « Enfants du Peuple » de Visé, qui voulait rendre le mouvement accessible aux enfants des cités ouvrières.
Septante-cinq ans plus tard, le mouvement Faucons Rouges1 est ouvert à tous, reconnu par la Communauté française. Mixte, accessible dès 6 ans, le mouvement souhaite susciter chez l’enfant une conscience socialiste où se côtoient des notions humanistes telles que la solidarité, la fraternité, la liberté, la tolérance et la citoyenneté. « C’est aussi permettre à tous les enfants de participer à des activités culturelles, quelles que soient leurs conditions sociales et culturelles », souligne Philippe Heuschen, secrétaire général pour la Communauté française.

Une image réductrice ?

De grandes pointures socialistes ont fait partie du mouvement telles que André Cools, qui fut membre fondateur en région liégeoise, ou encore Arthur Haulot, Richard Carlier, et le député provincial Richard Willame, très actif dans la section de Péronnes. « Si j’ai réussi à devenir ce que je suis, c’est grâce au mouvement de jeunesse. Je n’aurais jamais appris les valeurs de solidarité et de fraternité si je n’étais pas passé par là. Les Faucons Rouges ont été mon université. Et c’est sans doute aussi grâce aux sections de jeunes que le parti a une vitalité… ». Une conviction que ne partage pas Philippe Heuschen : « Il serait trop réducteur d’affirmer que notre mouvement de jeunesse donne accès au Parti socialiste. Nos activités ne sont pas liées directement à la politique et nous sommes même parfois en désaccord avec les idées du parti ». Ce qui n’empêche pas l’information politique à travers le périodique trimestriel du mouvement, « Faut qu’on s’informe ».

L’animation de jeunes

Plus de 6 000 enfants sont encadrés à travers 60 sections locales2, par des animateurs bénévoles brevetés, et suivent les activités proposées. De l’activité type mouvement de jeunesse (hike, camp de vacances) aux ateliers récréatifs et musicaux en passant par l’école des devoirs, le kayak, le VTT, les visites de musées. Ou encore des ateliers spécifiques tels que des ateliers mécaniques (fer, bois, cuivre, etc), informatiques, cuisine ainsi que des formations de cadres. Mais les Faucons Rouges, c’est aujourd’hui plus encore. On note la défense des droits de l’enfant par la participation à la « Kid’s Parade » de Linz en Autriche, le respect de l’environnement et de la mobilité au sein du réseau « Vert de terre » avec la Fondation Roi Baudouin… C’est également une présence sur le plan international dans le domaine humanitaire par la création d’une ludothèque mobile au Pérou, la mise en place d’un projet de raccordement d’une école à l’eau courante au Sénégal.

Des moyens limités

Aujourd’hui, les sections locales ne cessent de se développer3. De nouvelles sections se sont ouvertes à Wanze, Hermalle-sous-Huy et Courcelles. Le flux de nouveaux venus est constant, notamment par la mise en place de campagnes de parrainage (Opération 1+1 = une chaîne d’amitié) « La demande existe, mais il est difficile de trouver des animateurs bénévoles compétents. Ce sont souvent d’anciens faucons qui reprennent les activités de la section. Nous formons tous les ans, une centaine de stagiaires. Les sections locales sont importantes. Mais le budget des mouvements de jeunesse est dépassé. Les animateurs doivent trouver les moyens nécessaires pour les faire fonctionner car la subvention ne couvre que le fonctionnement du bureau central ». D’où une cotisation de 3 euros avec un maximum de 5 euros par enfant.
1 Faucons Rouges asbl, rue Entre-Deux-Portes, 7 à 4500 Huy – tél. : 085/41 24 29 – fax : 085/41 29 36 – contact : Philippe Heuschen.
2 Elles-mêmes encadrées par un bureau central, à Huy, qui assure le fonctionnement de l’asbl. Les Faucons Rouges disposent également de deux centres d’hébergement à Modave et Péronnes-lez-Binche.
3 Plusieurs activités sont accessibles aux non-membres de l’association, ce qui permet de faire découvrir le savoir-faire du mouvement.
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