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Mots clefs de cet article
• Mendicité
• Mena (Mineur étranger non-accompagné)
• ONG (Organisation non-gouvernementale)
• CODE (Coordination des ONG pour les droits de l’enfant)
• Belgique
• Mendicité des mineurs et droit de séjour
• Soutenir les services d’aide de premières lignes
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Mendicité des mineurs, une recherche établit la liaison avec la question du statut des étrangers
 24/11/2003      imprimer
La Coordination des ONG pour les droits de l’enfant (CODE)1 a réalisé une recherche « relative au développement d’une réponse sociale à la question de la mendicité des enfants en Belgique » . « Ce phénomène apparu au début des années 1990 » , qui « poursuit aujourd’hui sa croissance accompagné de nouvelles formes de mendicité : des mineurs qui mendient seuls ou en groupe, des handicapés et de tous jeunes enfants assoupis sur les genoux de leur mère qui sollicitent la générosité des passants » . La recherche, travail effectué à la demande des ministres Écolo, N. Maréchal (Aide à la Jeunesse) et J.M.Nollet (Enfance), possédait un double objectif. D’une part, il s’agissait de préciser les informations disponibles sur le sujet. « On ne possède pas d’informations précises sur ce phénomène, mais beaucoup de bruits circulent » . Une première étape de travail visera donc à établir « un état des lieux de cette mendicité » et à « mettre en avant les facteurs sociaux, économiques et politiques qui peuvent conduire des enfants à mendier » . D’autre part, la recherche s’attachera à dégager des recommandations concrètes, à réfléchir à une réponse sociale adaptée.
Aux regrets des auteurs de la recherche, la brièveté des délais, six mois de financement, n’a pas permis de travailler « avec un groupe représentatif de mineurs » , d’établir des contacts directs avec les enfants concernés par la problématique. Ce sont essentiellement les témoignages d’intervenants de premières lignes qui ont constitué la base des renseignements. Les bribes d’informations recueillies ont permis d’établir une relation entre les groupes de mineurs en situation de mendicité et la problématique des mineurs étrangers accompagnés ou non. La plupart des mineurs concernés seraient originaires des pays de l’Europe centrale et orientale, en particulier de Roumanie et d’ex-Yougoslavie, en particulier issus de la communauté Rom. Ainsi, on peut lire en conclusion qu’ au centre de ce phénomène (mendicité des mineurs), se trouve la question du droit de séjour des personnes d’origine étrangère en Belgique. Réseau d’immigration illégale et traite des êtres humains ouvriraient dans certains cas les voies à la mendicité involontaire, alors que certains demandeurs d’asile déboutés n’auraient d’autres alternatives pour survivre. À la question de savoir s’il s’agit de mendiants forcés ou pas, la réponse ne serait-elle pas alors dans le type de contraintes poussant à mendier, directes (traite) ou indirectes (conditions de survie)? En ce qui concerne les mineurs non-accompagnés, la recherche pointe les effets d’un éventuel défaut d’encadrement adéquat en Belgique. Ainsi parmi ces mineurs, certains non identifiés à la frontière comme non-accompagnés mais abandonnés une fois sur le territoire belge, « errent un temps avant d’être pris en charge par les structures d’accueil pour Mena ou avant d’avoir trouvé leur famille. Cette errance peut également être la source de la mendicité » . Sans doute, conscients de l’aspect généraliste de la recherche, les auteurs introduisent en premier point des recommandations qu’ils proposent la réalisation d’une recherche-action. Elle permettrait d’ « approfondir nos connaissances » .
Quant aux réponses à apporter, quelques initiatives « locales » sont évoquées mais la recherche pointe le manque de réponses coordonnées et à long terme. Ainsi, elle joint aux recommandations l’idée d’ouvrir un « centre d’écoute et d’orientation » . La mission principale de ce dernier est d'informer et sensibiliser les services sociaux à propos de l’existence, des origines et des besoins des mineurs en situation de mendicité. La structure devrait également fournir aux travailleurs sociaux des interprètes compétents… De l’avis des auteurs, des actions centrées sur les nombreuses thématiques périphériques au phénomène ou touchant l’un de ses aspects, sont à développer. Elles toucheraient à la communauté Rom, à la scolarité des mineurs en situation de mendicité, au statut des Mena, à la procédure d’asile…
1 CODE, rue Marché aux poulets, 30 à 1000 Bruxelles – tél. : 02/209 61 68 – site : http://www.lacode.be. Sont membres de ce réseau actuellement : Amnesty international, ATD Quart Monde, Unicef Belgique, DEI International, ECPAT, Justice et paix, la Ligue des droits de l’homme, la Ligue des familles et l’OMEP.
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