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« Le voile et cetera », outil de débats
 27/10/2006  Pierre Vanrie   imprimer
Le réalisateur Gérard Preszow vient de réaliser le film Le voile et cetera qui constitue un outil original et stimulant pour susciter chez les jeunes le débat autour du « vivre ensemble », à travers des thématiques diverses telles que la question du voile, l’homoparentalité ou la perception de l’appartenance à diverses filières d’enseignement.
Tout est parti de Antigone voilée1, le livre de François Ost, philosophe et juriste des Facultés universitaires Saint-Louis (FUSL), qui en revisitant le vieux débat de la démocratie grecque sur les limites du ressort du public et du privé, revient sur la question du voile aujourd’hui pour la poser dans toute sa complexité. C’est à partir du contenu de ce livre qu’un débat sur cette question sensible a été lancé auprès de plusieurs classes de cinquième secondaire de l’Athénée Charles Janssens à Ixelles. Très vite, le débat a débordé vers d’autres thématiques sociétales sensibles. C’est alors qu’en collaboration avec la Ligue des droits de l’homme, ce processus de débats, organisé en ateliers, a été filmé par Gérard Preszow. Il a donné Le voile et cetera, film en cinq actes transmettant de façon brute les points de vue variés, contradictoires et sensibles de jeunes lycéens sur des sujets au centre de l’actualité aujourd’hui (le voile islamique, la polémique sur les caricatures du prophète Mohammad, l’homoparentalité, le fossé entre orientation générale et technique dans l’enseignement et le débat en tant que tel).

Cet outil de débat très pratique à usage pédagogique2 est « plutôt qu’un film, un document filmé », explique Gérard Preszow qui a suivi ces différents ateliers avec sa caméra. S’il confesse avoir eu au début du mal à trouver sa place, s’interrogeant sur le résultat final, ce document filmé débouche finalement sur des débats dynamiques et stimulants où l’on perçoit « un processus de pensée en mouvement qui fait que l’on observe dans ces débats une évolution par rapport aux préjugés de base ». La force de ce document réside dans le fait qu’il ne part pas de présupposés. Dans ces conditions, le débat n’est donc pas fermé.

Selon François Ost, dont le livre a servi de déclencheur, « on sent tout de même un discours relativement emprunté de la part des jeunes sur la question du voile et des caricatures », sans doute à cause d’une actualité marquée par une forte idéologisation, sans pour autant que le débat sur cette question manque d’intérêt. « Sur l’homoparentalité et le fossé entre les différentes filières d’enseignement, on sent le débat plus intense et plus sincère ». Sur ces deux sujets, le débat est franc, parfois frontal, et va sans tabou jusqu’au bout des perceptions de tous les acteurs filmés, qui d’ailleurs semblent avoir oublié la présence de la caméra. La thématique touchant à la perception des orientations générale et technique de l’enseignement, appelée « La lutte des classes », donne lieu également à des échanges, éventuellement amers ou humoristiques, traduisant l’extrême sensibilité que pose cette thématique chez les adolescents.

Pour la sociologue Nouria Ouali de l’ULB, « alors que les élèves se plaignent de l’absence de débat, Le voile et cetera donne l’occasion à l’école d’en créer ». Pour François Ost, cet outil n’a de sens que s’il s’accompagne d’une véritable information. « Il n’y a pas que le débat, il y a aussi l’action. Pour avancer, il faut être informé. La démocratie doit donc être pédagogique ».
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