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L'éducation en Communauté Wallonie-Bruxelles
Actualités du 09 au 27/03/07
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Une étude sur les centres de jour pour enfants handicapés scolarisés à Bruxelles
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Bruxelles compte huit centres de jour pour enfants handicapés scolarisés (CJES). L’APEF, l’association paritaire pour l’emploi et la formation1, s’est penchée sur leur fonctionnement et sur les professionnels qui l’assurent.
Situés à proximité des établissements d’enseignement spécialisé maternel, fondamental ou secondaire, les CJES offrent 1.075 places d’accueil en Région bruxelloise. Ils sont ouverts pendant le temps scolaire et en dehors de celui-ci : vacances, congés, repas de midi, accueil avant et après l’école. Leur fonction est de soutenir l’école.

Bernard de Backer, responsable de recherches à l’APEF et auteur de cette étude2, avance six constats majeurs. Le public des enfants handicapés, tout d’abord, évolue. On assiste à une augmentation du nombre de situations plus lourdes et à une plus grande hétérogénéité de la population. Le chercheur relève aussi la fragilisation d’une partie des familles, qui éprouvent plus de difficultés à accompagner leur enfant. « Les CJES soutiennent plus de familles qu’autrefois », remarque-t-il.

Un CJES pour tous ?

Il existe également une relation très forte entre les CJES et les écoles qui leur sont associées : presque tous les enfants inscrits dans un CJES fréquentent l’école qui lui est couplée et très peu d’enfants fréquentent cette école sans fréquenter également le CJES parent. « Autrement dit, précise Bernard De Backer, les élèves inscrits dans une école spécialisée francophone bruxelloise sont répartis en deux groupes distincts : ceux qui bénéficient du soutien d’un CJES et ceux qui ne bénéficient que de l’aide sociale et thérapeutique de leur école. »

Le quatrième constat pointe précisément la différence entre l’accompagnement offert par le CJES (qui relève de la Cocof) et celui de l’école (qui relève de la Communauté française). L’équipe du CJES est présente toute l’année, même en dehors de jours de classe. Elle effectue des missions extra-muros auprès des familles et des partenaires du réseau, et son équipe est plus étoffée que celle de l’enseignement spécialisé. Ce qui laisse croire que les enfants sont moins soutenus lorsqu’ils ne sont pas inscrits dans un CJES, et fait donc poindre une inégalité de traitement. « À moins, précise l’auteur de la recherche, que leurs besoins soient différents parce qu’ils sont plus lourdement handicapés. » Il s’interroge sur la légitimité pour la Cocof d’inscrire ce critère comme condition d’accès aux enfants handicapés scolarisés dans un CJES. « Cela permettrait à certains de ces centres, pour compenser une éventuelle diminution de leur population et pour prodiguer leurs soins à d’autres, d’être associés à plusieurs écoles où ils assureraient le suivi d’enfants plus lourdement handicapés. »

L’avant-dernier constat de cette recherche est en lien avec le premier : peu d’enfants sont intégrés dans l’enseignement ordinaire. « L’objectif décrétale d’intégration pour cette population devrait concerner principalement les activités extrascolaires, cette intégration ou co-intégration permettant aussi une connaissance du handicap par les enfants qui ne sont pas handicapés. »

Dernier constat : la différence de population entre les CJES bruxellois et leurs homologues wallons, les services d’accueil de jour pour jeunes (SAJJ) en cours de réforme, où l’on rencontre deux tiers d’enfants dits caractériels contre 28 % seulement à Bruxelles. Cette différence pourrait s’expliquer, entre autres, par le fait que de nombreux placements de l’aide à la jeunesse en Wallonie s’effectuent en ex-IMP ou encore par le déplacement, par exemple, de jeunes handicapés sensoriels vers des établissements spécialisés de la capitale comme l’IRSA.

Plus généralement et quel que soit le secteur, plus on vise l’intégration et l’aide ambulatoire, plus on trouve de cas lourds en institution. « En ce sens, constate Bernard De Backer, les CJES sont des structures essentielles et indispensables pour les enfants porteurs d’un lourd handicap physique ou psychosocial. Il y a lieu de privilégier des places pour eux et de rétablir de la sorte une équité de traitement. »
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