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L'éducation en Communauté Wallonie-Bruxelles
Actualités du 09 au 27/03/07
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• Régulation
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Comment évolue la régulation du système scolaire en Europe ?
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Tout le débat sur les bassins scolaires l’a récemment mis en évidence pour un plus large public que celui des chercheurs en éducation : un des enjeux essentiels des politiques d’éducation est celui de la régulation du système scolaire. Cette question se pose dans tous les pays. Le dernier ouvrage de Christian Maroy (UCL-Girsef)1 tente de voir quelles sont les réponses qui y sont apportées dans 5 pays européens (Angleterre, Belgique francophone, France, Hongrie et Portugal). Des convergences fortes se dégagent autour de deux modèles : celui du marché et celui de l’évaluation des résultats. Avec des impacts négatifs en termes d’égalité…
Christian Maroy et les différents chercheurs qui ont contribué à ce livre définissent la notion de régulation comme l’ensemble des « processus d’orientation et de coordination des conduites des acteurs et de définition des règles du jeu » dans le système d’enseignement. La thèse du livre est que la régulation est en train de se transformer. On passe d’une action de type « bureaucratique » à un autre modèle.

La régulation scolaire de type « bureaucratique » est celle, classique, de l’Etat qui cherche à scolariser la population en couvrant le territoire d’écoles et à organiser le système éducatif autour de l’application de « normes standardisées », via une hiérarchie et un contrôle administratifs (l’inspection des enseignants). C’est ce mode d’action gouvernementale en matière d’enseignement que tente actuellement de transformer les pays européens via les réformes. Ils répondent en fait à différentes pressions : celles de la mondialisation, des milieux économiques, des classes moyennes inquiètes face à l'avenir », etc.

Mais vers quel nouveau modèle évoluer ? Deux grands modèles se dégagent des discours et des pratiques.
• Certains gouvernements néo-libéraux estiment que le (quasi-)marché et le libre choix des parents améliorera le fonctionnement des écoles : l’Etat se contente de financer les écoles selon le nombre d’élèves qu’elles attirent;
• D’autres parient plutôt sur « l’Etat évaluateur » dans lequel les pouvoirs publics définissent les objectifs à atteindre par des établissements scolaires autonomes : ce n’est pas « le client » qui va évaluer les écoles mais l’Etat sur la base d’indicateurs et des résultats des écoles.

L’étude s’est intéressée aux effets de cette transformation de l’action politique dans six espaces scolaires précis : Budapest, Charleroi, Lille, Lisbonne, Londres et la région parisienne. Les chercheurs s’y sont systématiquement demandé : « comment, au-delà des politiques menées, les établissements sont-ils concrètement affectés par ces transformations ? »

Les chercheurs notent tous des convergences fortes entre les différents pays étudiés :
• une autonomie accrue des établissements ;
• la recherche d’un point d’équilibrage entre centralisation et décentralisation (tout dépend évidemment du point de départ : en France et au Portugal, on décentralise, tandis qu’en Belgique on centralise);
• la montée de l’évaluation externe des établissements et du système dans son ensemble ;
• l’introduction d’une dose de liberté de choix de l’école par les parents;
• la volonté de diversifier l’offre scolaire pour s’adapter à différents contextes ;
• l’érosion de l’autonomie professionnelle des enseignants.


Ces six évolutions se marquent avec des intensités variables selon les contextes nationaux. Mais que le mode de régulation qui en ressort tende ou non vers le quasi-marché, cette recherche a mis en évidence que les « interdépendances compétitives entre écoles » se développent dans tous les espaces observés…

En fonction de leur attractivité pour les parents, les écoles voient se concentrer les publics forts ou faibles scolairement. « Les établissements scolaires se voient ainsi pris dans une logique de marché qui semble échapper à la maîtrise des politiques et peser sur les inégalités sociales et scolaires d'aujourd'hui », constate donc l’étude.

Des nouveaux outils de régulation sont apparus au niveau « intermédiaire » (entre l’Etat et les établissements) le plus à même d’agir sur ces interdépendances. Mais ils restent trop fragmentés et multiples : comme, par exemple, les Conseils de zone établis par réseau, chez nous, et non commun à l’ensemble des écoles.

La coordination de ces nouvelles régulations constitue dès lors pour les chercheurs une piste essentielle à suivre, si du moins « les gouvernements font de la lutte contre les ségrégations et les inégalités une réelle priorité »… C’est ce que la proposition d’instauration de « bassins scolaires » vise en Communauté française.
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